Rares sont les pièces des années 20 de notre siècle dont la représentation peut s'orner d'une tradition si remarquable et vaste que celle de la Dreigroschenoper. Or souvent, ce furent ces fréquentes représentations mêmes à entraîner une pratique théâtrale standardisée et raide qui alors empêcha de voir la véritable thématique de la pièce. Deux sujets cependant traversent la pièce comme le célèbre fil d'Ariane: la critique de la pratique bourgeoise et vétuste de l'opéra, déjà annoncée dans le titre, ainsi que la sexualité et de l'économie dont la fusion incite l'action dramaturgique.
Au début de la pièce, Mackie Messer est déjà arrivé plutôt à la fin da sa carrière et se retrouve entouré d'une clique qui n'a jamais su dépasser le rang de bandits ordinaires. De plus, il a perdu toute son influence sur les hommes puissants de la ville, sur le capital et la justice, comme désormais, des associations, voire de véritables consortiums, dominent ce commerce criminel. Peachum, son beau-père malgré lui et un concurrent acharné, exploite le phénomène de la misère sociale qui est plus rentable qu'un simple hold-up.
Presse
Ciulli agit indirectement, toujours entre le sérieux et la grosse comédie, entre la clownerie et la mélancolie. Á la carotte et au bâton, il dirige ses figures dans l'arène qui est un véritable cirque, et donc le monde. Grâce à une faculté de transformation remarquable, le régisseur montre que là, la seule chose que l'homme peut oublier est qu'il est un homme. Der Landbote, 23 janvier 2003
