Sonate No 10 en do majeur K 330
Allegro moderato
Andante cantabile
Allegretto
1er MOUVEMENT Cette sonate offre un contraste total, à bien des égards, avec l’œuvre qui précède. Elle ne comporte aucune trace de mélancolie, si ce n’est la note de tristesse qui domine la partie centrale de l’Andante. Le premier mouvement est d’une gaieté exubérante.
2eme MOUVEMENT Il est suivi d’un Andante cantabile intime, avec un épisode en mineur admirablement expressif qui contient de la très belle composition contrapuntique dans sa partie en la bémol. La riche articulation et les scrupuleuses indications de dynamique témoignent de la prédilection de Mozart pour cette sonate. Signalons au passage que les quatre dernières mesures de ce mouvement central ne figurent pas dans l’autographe. Mozart les a ajoutées en livrant la sonate à l’imprimeur. Géniale illumination de dernière heure !
3eme MOUVEMENT Cet Andante est suivi d’un mouvement final joyeux et vigoureux en forme sonate portant l’indication Allegretto. Son développement commence par un thème aux accents folkloriques sous lequel on pourrait facilement inscrire les paroles facétieuses d’un chant populaire viennois « Unsre Katz hat Junge kriegt … »
Sonate No 9 en ré majeur K 311
Allegro con spirito
Andante con espressione
Rondeau (Allegro)
1er MOUVEMENT Le premier mouvement de la sonate en ré majeur K 311, comme la sonate à Dürnitz, qui lui est antérieure (également en ré majeur) est un mouvement aux brillants effets orchestraux ; les deux œuvres rayonnent d’une exubérance de style Mannheim.
2eme MOUVEMENT Le deuxième mouvement pourrait être décrit comme un mouvement de sonate privé de son développement. Son thème de onze mesures très chanté, 4+4(3 1/2)+3 (3 1/2) avec une note conclusive à la douzième mesure, est suivi d’un épisode et d’un retour du thème en une merveilleuse variation en ré majeur (m. 25) en guise de deuxième thème contrastant. La réexposition commence à la mesure 39. Mais aucune considération de forme ne saurait rendre hommage à la profondeur de ce mouvement. Sous les formulations en apparence simples, se cache un profond courant d’émotion. Parmi les contemporains de Mozart, seul Joseph Haydn pouvait parfois égaler une telle richesse d’expression.
3eme MOUVEMENT Le mouvement final est un des rondos de Mozart dits « rondos de chasse » à 6/8, comme on en trouve dans ses concertos pour piano. Il allie d’une manière brillante la forme rondo à la forme sonate. Le second épisode en si mineur ressemble à un développement couronné par une petite cadence rédigée.
Entreacte
Sonate No 17 en si bémol majeur K 570
Allegro
Adagio
Allegretto
De nombreuses œuvres de Mozart en si bémol majeur se distinguent par leur douce mais sombre résignation. Parmi elles, on trouve le Concerto K 595 ainsi que cette sonate pour piano K 570.
1er MOUVEMENT Si on la compare à la sonate en fa majeur K 332, qui présente des analogies rythmiques, cette sonate en si bémol majeur manque de vigueur et d’allant et à son début, la mélodie du premier thème oscille comme un pendule autour de la tonique, comme cela se produit dans beaucoup d’œuvres tardives de Mozart. Mozart use abondamment du contrepoint, d’une manière galante. Le mouvement ne contient pas de deuxième thème bien défini, mais se rapproche de beaucoup de sonates des Haydn par son monothématisme. Quand le thème initial commence á faire fonction de deuxième thème, il est enrichi par un « contrepoint » en notes répétées qui annonce le sujet de la fugue de l’ouverture de la Flûte Enchantée, ainsi que le thème des scène ultérieures où apparaît Papageno. Mozart le dramaturge n’est pas non plus totalement absent dans ce mouvement lyrique : le développement nous précipite brusquement, et d’une manière impressionnante, dans la tonalité de ré bémol majeur. La tension monte quand la deuxième partie du thème atteint un registre plus élevé et s’amplifie (m. 84 à 94), jusqu’à une douce entrée en sol majeur du premier thème à la basse.
2eme MOUVEMENT L’économie thématique du premier mouvement et l’échange habile du matériau entre les deux mains ne sont pas sans rappeler Haydn. Ce n’est pas le cas de l’Adagio introspectif en mi bémol majeur. Il exprime une résignation sans amertume, un adieu sublime, dans une musique libérée des entraves terrestres. Le mouvement est en forme de rondo et son premier épisode en do mineur à des liens étroits avec le passage en ut mineur due mouvement central du Concerto K 491, la mesure 14 en étant une citation presque littérale.
3eme MOUVEMENT Le Rondo final, dans la forme dite du rondo « français », privé de sa ritournelle au milieu du mouvement, se rapproche du motif de la Flûte Enchantée dans son deuxième épisode.
Sonate No 11 en la majeur K 331
Andante grazioso
Menuetto
Alla turca ( Allegretto )
Cette sonate toujours comptée parmi les œuvres de Mozart les plus appréciées. Elle commence par un mouvement de thème et variations intime et élégant portant l’indication Andante grazioso. Ainsi cette composition s’éloigne de la conception de la sonate habituelle : elle ne comporte aucun mouvement en forme sonate mais s’apparente au divertimento. Pourtant, même ici, les mouvements sont liés par de fortes affinités de mélodie et de forme. Ce n’est pas un hasard si la fin du thème des variations est textuellement reprise à la fin du menuet, si le croisement de mains du trio du menuet apparaît déjà dans la variation IV, si la tonalité du final est annoncée dans la variation III, et si l’on trouve des allusions au fameux final de la Marche turque en la majeur dans les mesures 5 et 6 de la variation allegro. L’irrégularité de la structure des phrases du menuet est typiquement mozartienne. Les doubles octaves des mesures 20 à 24 du trio du menuet présentent des difficultés inhabituelles à l’époque de Mozart. Mozart n’en a usé qu’à cette seule occasion. La célébrité du délicieux Rondo alla turca, à l’imitation de la musique turque dans sa partie en la majeur n’est pas usurpée. Ici, Mozart nous offre un avant-goût des effets obtenus par la « turquerie » une pédale de percussion que l’on trouvera fréquemment sur les pianos viennois après 1800. Les premiers pianofortes avec pédale de percussion sont des instruments idéaux pour interpréter cette sonate.
Textes repris de:
Sonates pour piano de Mozart
De Paul et Eva Badura-Skoda
